Mal, souffrance et justice de Dieu en Romains
Suite à un accord entre Google Books et de Gruyter, l'éditeur de ma thèse de doctorat, celle-ci est maintenant en grande partie disponible sur Google Books.
La référence complète de l'ouvrage est Erwin Ochsenmeier, Mal, souffrance et justice de Dieu selon Romains 1-3 : Étude exégétique et théologique , Beihefte zur Zeitschrift für die neutestamentliche Wissenschaft und die Kunde der älteren Kirche 155, de Gruyter: New-York, Berlin, 2007, 23 x 15,5 cm. XII, 392 pages. Relié. ISBN 978-3-11-019696-2.
Télécharger l’ errata.
Le livre est une version révisée de ma thèse de doctorat soutenue en mars 2007 à la Faculté Libre de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine (France).
Résumé de la thèse.
L’examen de la littérature paulinienne du siècle dernier révèle que certains thèmes et concepts qui, parce qu’ils ne se sont pas trouvés au centre des discussions suscitées par l’histoire ou les grands débats théologiques (tels que la foi et les œuvres, la justice de Dieu, les opposants de Paul, le rôle et la place de la Loi, Israël et les nations, etc.), ont été quelque peu négligés ou ont soulevé des questions qui méritent approfondissement.
L’un de ces thèmes est celui du mal et de la souffrance, de son rôle et fonctionnement dans l’épître, de son éventuel lien avec le vocabulaire de la justice, de sa fonction dans la partie pratique de la lettre et, bien sûr, de la portée contemporaine de l’épître à ce propos. Pourtant, dès le début du chapitre 5, la souffrance surgit par le vocabulaire de l’affliction, de la fermeté, de l’espérance (Rom 5.3). Le mal et la souffrance occupent également une place prépondérante au huitième chapitre de l’épître. Le «co-héritage avec Christ» semble en effet conditionné à une «co-souffrance» (Rm 8.17). L’apôtre, après la citation d’un psaume de complainte des fils de Qoré à propos de l’inaction de Dieu dans la souffrance (8.35–39; Ps 43.23), affirmera que « la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le péril, ou l’épée » ne sépareront pas les croyants de l’amour de Dieu.
Ces textes suscitent des interrogations. Pourquoi, de manière assez inattendue dans l’argumentation semble-t-il, Paul évoque-t-il la souffrance et la persécution? L’épître est-elle censée encourager les croyants romains alors qu’ils font face à des circonstances adverses? Les paroles de Rm 5.3 constituent-elles une introduction subite du thème de la souffrance dans l’épître, ou Paul l’a-t-il déjà mentionné auparavant de manière explicite ou implicite? Quel est le rôle des Écritures dans l’encouragement adressé aux Romains (cf. 15.4)? Enfin, quel est l’apport de l’épître aux Romains dans les discussions séculaires du problème du mal et de la souffrance?
La thèse procède par étapes distinctes, mais interdépendantes. Le premier chapitre consiste en un bref survol de la littérature du vingtième siècle sur Paul et l’épître aux Romains à partir de quelques échantillons représentatifs choisis pour l’influence qu’ils continuent d’exercer et en prêtant une attention particulière au thème du mal et de la souffrance. Le deuxième chapitre, le plus long de ce travail, consiste en un commentaire de Rm 1.1–3.26 qui se concentre sur les données du texte que essentielles pour le sujet traité. Une attention soutenue est donnée à tous les passages de l’AT explicitement cités ou clairement évoqués par Paul en Rm 1–3, et ce à partir de la version grecque de l'AT (la Septante). Cette démarche sera justifiée au troisième chapitre.
Le troisième chapitre revient sur l’emploi de l’AT dans l’épître aux Romains et justifie le principe selon lequel il est tout à fait concevable que Paul ait tenu compte des contextes originels des passages cités et qu’il attendait de ses lecteurs et auditeurs, ou du moins d’une partie de ceux-ci, qu’ils les connaissent également. L'étude se fait en interaction avec quelques travaux représentatifs dans le domaine, tout en prêtant une attention particulière aux données sur l’écriture, la lecture et la mémoire dans le monde gréco-latin et juif. Ensuite les enseignements principaux relatifs au mal et à la souffrance et au lien de cette thématique avec la justice de Dieu dans les passages cités par Paul en Rm 1–3 sont résumés.
Le quatrième chapitre examine les enseignements principaux portant sur la justice de Dieu, le mal et la souffrance en Rm 1–3. Il bâtit donc sur le commentaire et l’étude de l’AT des chapitres précédents. Le cinquième chapitre tente, par l’étude de quelques passages tirés de Rm 4–16, de discerner si les données et tendances dégagées de Rm 1–3 se trouvent également dans le reste de l’épître. Le sixième chapitre reprend les données principales du travail pour les rassembler de manière plus systématique et suggérer des pistes de réflexion interdisciplinaire plus amples en interaction surtout avec Jürgen Moltmann. Enfin, le livre se termine par des conclusions générales, la bibliographie des ouvrages utilisés et quelques index de travail.


Poster un nouveau commentaire